L’édito du Curé

Un seul être vous manque…

Il existe un pro­verbe afri­cain qui dit à peu près ceci : « un sage qui s’en va, c’est une biblio­thèque qui brûle ». Nous voi­ci aujourd’hui confron­tés à ce genre de drame.

Vous le ver­rez dans un article plus loin, nos sages sœurs fran­cis­caines de Chan­te­nay annoncent leur départ. 142 ans de pré­sence, d’accompagnement, de prière, d’accueil aux plus petits (les orphe­lins) ou de ceux qui en avaient besoin (soin des bains de mer et pre­miers pas de la tha­las­so), fra­ter­ni­té et sou­rire, témoi­gnage de la joie de croire, d’aimer et de se don­ner… 142 ans et puis ? Elles repartent à Chan­te­nay pour la plu­part, sans nous oublier bien sûr, mais en nous lais­sant là, un peu désem­pa­rés.
J’ai déjà vécu le départ d’autres sœurs dans d’autres paroisses, et à chaque fois, j’ai mesu­ré le vide qu’elles laissent. Vide parce que des sœurs que nous connais­sions bien ne sont plus là, vide parce qu’un cha­risme est désor­mais absent, vide parce que nous sen­tons bien, nous savons bien que nous avons besoin de leur pré­sence pour que la vie parois­siale, pour que la vie ecclé­siale soit com­plète. Par leur voca­tion, elles enri­chissent com­plètent les nôtres, c’est pour­quoi je finis tou­jours la lita­nie du saint sacre­ment par une invo­ca­tion aux trois états de vie : « don­nez-nous de saints foyers (mariage), don­nez de saintes âmes consa­crées (vie reli­gieuse) don­nez-nous de saints prêtres (sacer­doce) ».

Les sœurs s’en vont nous ne les oublie­rons pas, mais à cette occa­sion pou­vons-nous faire un point sur nos vies spi­ri­tuelles ? Quelle place est-ce que je fais aux autres voca­tions, aux autres cha­rismes dans ma vie ? Quel témoi­gnage est-ce que je donne de ma propre voca­tion auprès des autres ?
Com­ment vivre cette fra­ter­ni­té qui devient com­mu­nion dans la com­plé­men­ta­ri­té des voca­tions ?

Je sais bien que tout vient de Dieu et tout va vers Dieu, cela c’est le ferment et le fon­de­ment de notre uni­té, mais je sais plus encore que Dieu nous aime cha­cun tel que nous sommes et qu’à ses yeux nous sommes uniques : voi­là notre diver­si­té ! Et puisque st Paul nous rap­pelle que « tout concourt au bien de ceux qui cherchent Dieu » (RM 8, 28) il nous faut apprendre que nous concou­rons à la sanc­ti­fi­ca­tion de nos frères comme eux le font pour nous et cela grâce à l’amour de Dieu qui nous appelle et qui nous envoie.

S’il en manque un, notre che­min est plus ardu, si nous négli­geons notre mis­sion, nous leur ren­dons la sain­te­té plus dif­fi­cile ! Nous avons besoin les uns des autres, prions pour elles, sachons qu’elles prient pour nous

Père Chris­tophe

 

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